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 No prayer for the dying — Noora

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MessageSujet: No prayer for the dying — Noora   Sam 29 Avr - 14:49

23h.
Tous les soirs la même heure, le même bar vétuste au cœur de la ville en ruine, les mêmes gueules acariâtres réunies autour d'une table commune pour jouer aux cartes en se délectant d'un bon whisky, comme un rituel. La table des enfants perdus, celle dont tout le monde s'éloigne le plus possible de peur de trop empiéter sur leur espace vital, malgré la quiétude qui y règne et les éclats de rire incessant qui vrillent les tympans. La gaieté pour couvrir la noirceur de ces âmes écorchées, dépouillées de toute forme de bienveillance.
Personne ne les apprécie, les lost children. Mais tout le monde s'en accommode tant qu'ils s'abstiennent de semer la zizanie, ce dont le second s'assure constamment, comme un promeneur de chiens surveille ses pitbulls enchaînés.

Loin de se soucier des œillades curieuses des rares clients du bar, un homme se lève dans la petite assemblée, jette ses cartes et frappe du poing sur la table avec la même irritabilité, la même agressivité que l'on prête toujours aux représentants des lost children, et qu'ils incarnent à merveille. Un ramassis de vieux clichés soigneusement entretenus par ces gars irascibles.
T'as triché enfoiré, qu'il balance abruptement à un de ses camarades de jeu, sous le regard désabusé de Raphaël qui n'a plus l'espoir de les voir se comporter en adulte un jour. L'habitude d'encaisser des éclats de colère irrationnels, de ramasser les pots cassés ensuite, puis de remettre les importuns à leur place comme il se doit. T'es juste nul. La provocation de trop. Le verre de trop, aussi. L'autre gars dégaine son flingue d'un geste vif, ivre, sans doute à peine conscient de ce qu'il est en train de faire. Le coup de feu éclate, résonne dans toute la rue, déchaîne un torrent d'inquiétude dans le cœur de tous ceux qui l'ont perçu. La balle se loge dans l'épaule de la cible, tâche la belle chemise blanche de son voisin de table de quelques éclats de sang, avant de laisser place aux premiers signes d'indignation.
Des voix s'élèvent, des verres se brisent, minuit sonne.

Dehors, lâche Raphaël à destination du trouble-fête, qu'il agrippe par le col pour l'emmener à l'extérieur du bâtiment, par la porte de service. Le regard empli de colère, sans une once de tolérance à l'égard d'un comportement si puéril.
Quelque part, il craint de voir des traîtres fleurir dans leurs rangs et se méfie alors du moindre geste suspect pouvant mener à un changement de cap. Il se doit également de défendre le peu de valeurs morales qui subsiste encore chez les lost children, en tant que second. Jamais on ne s'attaque à un des siens sans en subir les conséquences.

Tu refais ça encore une fois, et je te tue, laisse-t-il échapper de sa voix rauque, alors qu'il plaque le type contre le mur glacial et empoigne fermement son cou, pour lui rappeler sur quelle barre de l'échelle du gang il se situe. Il est bien placé pour le savoir, il l'a compris au fil des années, qu'il n'y a rien d'autre que le langage des poings et du sang pour se faire comprendre. Alors, croyant être à l'abris de tout regard extérieur, il écrase son poing dans le nez du sous-fifre, une fois, puis deux. Accablé par son propre geste, l'amertume se lit aisément sur ses traits contrariés. Raph qui s'enterre un peu plus chaque jour dans ce cercle vicieux, celui dans lequel il n'y a pour solution que la violence pour répondre à la violence.
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