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 i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan

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MessageSujet: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Sam 15 Avr - 14:38

les mains sales
aidan et hua

ouvrir une porte, ça change une vie.
ouvrir une porte, c'est.
c'est passablement passionnant. y'a quelque chose de l'enfant qui tend la main en fermant les yeux, qui s'attend à recevoir des bonbons mais qui tombe sur une flopée d'insectes qui se met à lui bouffer les muscles. cette idée qu'au final faut pas trop espérer, faut pas trop croire, faut s'attendre au pire, pas au meilleur ni à la banalité crevante qui cherche après un quotidien foutu en l'air. plutôt apercevoir la fin à chaque détour, chaque retour, chaque carrefour qui traîne la patte. et dans le fond, hua, il s'étonne presque d'avoir été aussi con. aussi passablement naïf. parce qu'il est là, là, bien planté dans le sol, et tellement bien dans sa paralysie qu'il pourrait pourrir, attendre mille ans tout au plus pour qu'on le sorte d'ici, maintenant. le présent il est pas beau, le présent il est pas aussi marrant qu'il voudrait le croire. durant un instant, hua, il s'est donné le privilège d'oublier, de passer outre, de se dévisager dans le miroir sans remarquer que tout est en ordre, pour une fois. pour une chienne de fois. ça le fait sourire. pourtant ça s'est éteint, ça s'est fait la malle alors que, la clope coincée entre les dents, il a toujours le pouce scotché sur son briquet déglingué, cabossé, victime de trop d'erreurs et de maladresses.
ses joues rougissent, un peu à cause du froid. beaucoup à cause de la honte qui vient le rattraper à la gorge, qui le chope, pitbull qui fait pisser les veines et qui rend raide. pincement de lèvre inférieure, le menton niché dans son col roulé sombre. et aidan, aidan. c'est.
un cyclone.
ça ravage subitement sa cage thoracique, ça fait un monticule d'os infâme qu relâche un miasme pétrole. ça le dérange. ça le claque. ça fait l'effet d'une bombe. hiroshima et nagazaki en un seul regard. il fait claquer la pierre. une petite flamme se dégage, il allume le bâton de cancer. ailleurs. comment il a fait, pourquoi, ou juste comme ça. il déglutit. deux mois. et ça sonne éternité dans un coin de crâne molesté aux poings. y'a le pire, y'a le meilleur, y'a tout qui se dérange, se démange, ça lui fait se raidir un peu plus. il a jamais autant ressenti son corps tout entier, du haut de sa tête aux talons, du début de ses larmes à son rendement d'armes. il est toujours beau, aidan, propre sur lui, paré de ses atours, de sa gueule de chien abandonné sur l'autoroute, de son rictus chafouin. de tout. de rien. il déglutit, la salive c'est de l'acide citrique.
- salut.
pitoyable. minable.
l'idéal voudrait qu'il lui colle un doigt d'honneur, qu'il prenne ses jambes à son cou, qu'il la fasse pauvre victime traumatisée. enfant de guerre personnelle à échelle purement sentimentale et corporelle. résultat d'une expérience foirée. l'angoisse. et il jurerait se souvenir du goût de sa peau.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Dim 16 Avr - 23:24


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


Lorsque Hua était parti – un soir il était là, le matin il ne l’était plus –, Aidan avait été mortifié, comme rongé par une culpabilité sanglante qui avait autrefois bleui les pommettes de son amant. Il avait été forcé d’affronter ce qui avait fait fuir Hua, ce qui l’avait poussé à se lever un matin et à se barrer sans plus de cérémonie. Mais Aidan était lui-même suffisamment poussé dans ses derniers retranchements pour essayer d’accepter les raisons de ce départ soudain ; il n’était pas normal, il n’le serait certainement jamais, et il ne pouvait pas donner à Hua ce qu’il méritait. Une relation saine, sans ecchymose, sans jalousie excessive et sans violence progressive. Il avait pourtant eu besoin d’le retrouver. Pourquoi ? A quoi bon ? Alors qu’il semblait prendre un malin plaisir à détruire tout ce que ses doigts frôlaient, alors qu’il savait lui-même qu’il recommencerait. Il y avait quelque chose de cruel dans cette perspective. Il y avait une horreur qu’il n’était pas en mesure d’assumer, mais qu’il ne manquerait pas d’épouser une fois celle-ci venue.

Alors, Aidan avait retracé les numéros des amis d’Hua. Il avait téléphoné à s’en faire saigner des mains et avait parlé à s’en décrocher les mâchoires. Le dernier en date avait accepté de lui donner une adresse ; un peu sur la défensive certes, comme lorsqu’on se comporte en compagnie de l’ex d’un proche comparse, mais pas méchamment. Pas comme s’il avait eu connaissance de ce qu’Aidan avait fait subir à Hua.

Quand il s’était pointé devant la porte du lâcheur, Aidan l’avait fait les mains dans les poches, les lèvres étirées en ce simulacre de sourire dont il avait l’habitude de se vêtir. Il n’savait pas faire quoi dire, il n’savait pas s’il avait besoin de se justifier – il avait demandé pardon à chacun des coups qu’il avait eu l’audace de lui porter, il avait pris grand soin de courber l’échine, de redevenir lui-même avant l’apparition de la bête qui prenait parfois possession de lui, l’esprit mis en berne par sa paranoïa. Lorsque son poing s’était abattu sur la porte par trois fois, et qu’il avait attendu, l’pauvre gars avait été brièvement tenté de foutre le camp. Deux mois ; il ne l’avait pas vu depuis deux longs mois et lorsque le battant boisé d’entrouvrit, découvrant ainsi le visage tendre et pâle de Hua, Aidan sentit sa gorge se serrer et son estomac se tordre. Son acolyte ne s’y était visiblement pas attendu, l’accueillant avec une clope au bord des lèvres et d’un salut de circonstance. Aidan arqua un sourcil railleur le temps d’une seconde, avant que son visage ne retrouve les traits de son habile masque. Planté comme un putain d’piquet devant la porte de l’appartement, Aidan n’savait pas quoi foutre de ses mains, d’son corps entier. Il était de trop, mais il n’voulait pas voir ça. Il ne voulait pas le comprendre, parce que ça faisait trop mal d’être confronté à ce genre de vérité. C’était comme être responsable de la déchéance de son propre monde.

– Salut, reprit-il alors en chœur, la voix rauque et chaude. Presque indifférente, en y repensant, comme si deux mois n’avaient pas eu l’effet escompté. Je voulais venir te voir plus tôt, mais comme tu n’as laissé ni adresse ni moyen de te joindre, j’ai pris un peu plus de temps que prévu. Il jaugea rapidement son acolyte de haut en bas, pris à la gorge par une pointe d’amertume qui le traversait souvent. C’était aléatoire, et étrangement dérangeant. J’ai pas envie de t’embêter, je sais bien que… bah, tu t’es barré un matin sans laisser de mot derrière toi, alors je suppose que tu as rompu et j’peux pas faire grand-chose pour te faire changer d’avis. Il n’voulait pas demander d’explications ; il se souvenait du choc entre la peau, les os, le corps étranger et ses poings. Il se souvenait de toutes les fois où ce genre de merde était arrivé. Il n’pouvait pas s’en empêcher, et ne pourrait pas s’en empêcher non plus à l’avenir. Il était cuit, maudit, pris au piège par un truc qu’il ne pouvait même pas contrôler. Il se victimisait avec une ardeur rare, mais si tout n’était pas relatif à la psychose qu’il se traînait comme un boulet. J’voulais juste voir si t’allais bien, qu’il dit en haussant les épaules, et j’comprendrais que tu veuilles que je disparaisse de ta vie mais… silence mais avant tout, faut que je sache si tu es heureux, ou si je te manque comme tu me manques.

Aidan n’avait jamais eu aucun problème avec l’expression la plus exemplaire de ses sentiments. Il savait quoi dire, à quel moment. Il n’voulait pas tortiller du cul pendant cinquante ans pour lui faire comprendre que, ouais, les deux mois qu’il venait de vivre avaient été dardés d’un vide douloureusement présent dans sa poitrine. Hua lui manquait et l’expliciter de la sorte, avec un calme proche de la léthargie, l’avait soulagé en somme, même si la douleur continuait à le heurter plus que de raison. L’honnêteté avait des vertus qu’Aidan reconnaissait volontiers.  

Pourtant, il y avait les coups, la douleur, les regrets, et la culpabilité. Tout ça, ça avait été leur quotidien. Tout ça, ça les avait pris à la gorge. Il n’y avait plus rien à faire, le bail avait été signé et avait pris fin sans concession. Hua lui manquait, mais leur relation avait été bien au-delà de cette simplicité que tout le monde recherchait habituellement ; le manque soulignait peut-être un truc que lui-même pouvait pas accepter, ou comprendre.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Dim 16 Avr - 23:56

hua il doit se shooter.
hua il doit avoir une araignée au plafond, ou quelque chose qui traîne et qui fait que les évènements tournent pas rond. il sait pas comment, il sait pas pourquoi. et sans doute qu'une part de lui voudrait comprendre, piger à quel moment aidan a pu le retrouver, le choper pas vraiment entre quatre murs. juste dans le couloir, à attendre. il est paisible. il a toujours été paisible de toute manière. et paisible, paisible, paisible, eau qui dort qui se réveille et qui ravage, tsunami qui traîne son cadavre gonflé et rongé par les poissons carnivores du coin. lèvre inférieure pincée, il tire sur la clope et sent tout le reste se crisper. pas toucher. pas regarder. écouter juste, et laisser peut-être la possibilité d'une explication. d'excuses qui s'enchaînent, qui se cumulent. il veut éviter ses yeux. ses yeux perles océaniques qui poussent à la noyade, au suicide dans la berge et par-dessus la mer. cumule, cumule les constats qui se posent. barré sans laisser un mot. barré comme ça. un grand tableau noir duquel il aurait tout épongé, faute de pouvoir le jeter par la fenêtre. ça vaut ce que ça vaut. ça tire un trait sur neuf mois consécutifs, sur un an à tout péter. sur. sa tête se baisse, courbe l'échine et protège le peu de bienséance qui peut rester dans son squelette trop maigre et trop bossu. aidan il sait se rattraper aux murs, aux coins, sans forcément se blesser. il s'en sort toujours indemne. et du plus loin qu'il se souvienne, hua il a jamais eu le courage de lui rendre la frappe. une gifle une fois, ou deux. rien de plus, rien de moins. comme si ses extrémités étaient trop molles pour parer la violence du métal. ça brûle. ça brûlait. ça le fait encore. froncement de sourcils, inspiration profonde, la fumée lui sort du nez - se donner l'allure d'un dragon capable de brûler la planète entière. la mort avec des écailles. hochement de tête, un soubresaut du bout des doigts. tremblement amer, déphasé, totalement dépassé. derrière lui c'est que les décombres de son appartement. à l'abandon, pas trop vivant ; passablement gris.
manquer.
vide. néant. notions décadentes qui tirent sur lui, pas forcément comme des balles à blanc. y se redresse, hua, y se redresse parce que la fuite c'est terminé - ou ça fait que commencer. naturellement il se dit qu'au pire des cas il pourra claquer la porte avec dédain. le laisser là. comme un con. tirer une croix sur. c'était quoi déjà ? un genre de nous. ça fait trop niais, ça fait trop vomitif. ça lui fait secouer la tête.
- no shit sherlock.
il débite un rire vague, il reprend les habitudes du sarcasme bien placé, des vannes nulles qui pimentent le quotidien trop calme. de ça. ça. ce qui faisait tout. ce qui tapait, ce qui rendait boule de noeud au niveau du myocarde, ce qui en faisait qu'un bordel des nerfs vivifiés par les éclats de rire à en faire péter les verres. silence. silence d'une dizaine de secondes, il sent un rictus fendre son masque de froideur, faux à en finir au musée de cire. nope. je l'suis pas. d'toute façon l'bonheur c'est surfait, nan ? haussement d'épaules. il avait presque réussi hua.
réussi à se dire qu'aidan c'était sa chimère.
qu'aidan c'était son crooked man, son personnage de cauchemar façonné dans des rêves morbides et cotonneux. il aime pas le vrai, hua. il déteste ça. la réalité ça lui file la gerbe, le tournis et la sensation qu'il fait que trépasser.
- j'ai pas grand-chose à dire, j'crois. il est pas à l'aise. il a envie de crier. il doit être trop fatigué pour ça. il déglutit difficilement, reprend une latte de sa cigarette et cale son épaule dans l'encadrement de la porte. allez, en deux mois, il a peut-être changé. et comme tu vois j'vais bien. comme quelqu'un d'normal qui va bien, comme un - mec qui s'fait chier, mais qui va bien. y'a pas toujours de sens. ça file comme une étoile filante dans sa tête, les mots suivent toujours pas la pensée, ni une ligne totalement logique. hua il a un défaut de fabrication.
- pourquoi ça irait pas ? parce que t'es pas là. tss. il se dépite lui-même. sa main libre vient passer dans ses propres cheveux sombres, les défait, les refait. putain... comment t'as fait ? non parce que... ouais, tu d'vais t'attendre à cette question. j'pensais pas qu't'allais être déter' à c'point. ça a le don de le toucher. qu'on lui court après. animal à abattre.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Lun 17 Avr - 0:33


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


Si de prime abord Aidan ne savait pas trop quoi lui dire, à Hua, il apprécia toutefois les mots qui sortirent d’entre ses lippes – toutefois bien malgré lui. Il n’se laissait plus le temps de réfléchir, s’agrippant à tout ce qu’il pouvait atteindre afin de se sortir de cette situation comme il était venu ; c’est-à-dire blanc comme neige. Il n’avait plus trop rien à s’reprocher, parce qu’il n’avait pas levé la main sur lui depuis deux mois. Comme si ça pouvait tout effacer, comme si c’était encore possible de recoller les morceaux. Dans un recoin de la tête, cette idée est là, elle avait germé et avait poussé jusqu’à le titiller plus que de raison, à l’instant où il essayait de capturer le regard sombre de Hua qui essayait d’le fuir, et de partir à contrecourant. Pourtant, c’était con, non ? C’était idiot, stupide, d’espérer l’inespérable et de désirer ce qui lui était maintenant inaccessible. C’était dur, con, et c’était de sa faute à lui – et ce qu’il avait fait, et ce qu’il avait dit, tout avait été perpétré en son nom. C’était lui qui avait merdé, pas l’autre.

Alors, Aidan ne savait plus trop où se mettre, même si son visage angélique n’exprimait rien de plus qu’une satisfaction à avoir retrouvé son amant perdu. Disparu, envolé. Un gars qu’il avait mis des siècles à chercher. Un mec qu’il avait embrassé – ou peut-être était-ce frappé mais tout s’mêlait dans sa tête – la veille de son départ inopiné. Et maintenant, ils se tenaient l’un et l’autre comme s’ils ne se connaissaient guère, comme s’ils n’avaient rien partagé. Aidan aurait voulu gueuler un bon coup, demander à Hua pourquoi il fallait toujours qu’il fasse le con alors qu’il aurait peut-être juste eu besoin d’une explication ; mais même ce côté purement idéaliste d’Aidan savait pertinemment qu’une discussion sérieuse n’aurait eu aucun effet sur leur relation. L’pauvre mec aurait continué à frapper son conjoint, et l’histoire se serait terminée à un autre moment, un jour ou un mois après. Mais l’arrêt aurait été brutal aussi, cassant. Le brun avait l’impression de voir un fantôme, et cette vision lui arracha un spasme douloureux dans le ventre. Cette crispation était due au manque – et à la colère.

A y voir d’plus près, jamais Aidan n’avait fait ça auparavant. Jamais il n’avait suivi la piste d’un de ses ex avec autant d’assiduité ; généralement, il laissait partir et essayait de voir la vie du bon côté. Mais aucun de ses mecs n’était parti à l’aube, alors qu’il dormait encore. Cette fuite à l’anglaise l’avait pris de court, alors qu’il s’était levé un matin pour simplement constater l’absence de Hua dans son appartement. Une absence qui s’éternisa, avant d’arborer les courbes douloureuses d’un départ définitif alors que plus aucune de ses affaires ne traînait. Il était parti, et Aidan ne l’avait pas accepté.

– Tu t’fais chier parce que t’es seul ? la question l’avait presque étranglé, Aidan, tandis que Hua se gargarisait de sarcasmes et d’interrogations erronées. Non, mais c’que je veux dire c’est… il essaya de se ratrapper aux branches, pour donner l’impression que l’éventuel célibat de Hua ne soit pas la seule chose à laquelle il était intéressé. Qu’il était venu pour des trucs importants, plus graves, plus… denses. Pardon, c’est que je suis content de voir que tout va bien pour toi. C’est sûr, pourquoi ça n’irait pas ? Aidan arqua un sourcil, comme s’il s’attendait à voir Hua lui donner une liste de raisons. Il aurait voulu savoir, Aidan. Il était curieux, le bougre.
Hua avait désormais l’épaule calée contre l’encadrement de la porte, et ce signe de décontraction agita l’autre type qui y voyait comme une sorte… d’accueil. Un signe idiot destiné à lui faire comprendre que l’atmosphère se voulait peut-être plus détendue qu’elle n’y paraissait. Mais Aidan interprétait mal ce qu’il voyait, il n’avait jamais été bon dans c’genre de jeu. En désespoir de cause, il croisa les bras. Esquissa un sourire plus carnassier.
– Si tu veux tout savoir, tu pourrais au moins me proposer d’en discuter autour d’un verre. Ma détermination a ses limites, et je risque de ne pas être suffisamment hydraté pour te raconter mes anecdotes trépidantes. Ce serait triste de me voir flancher au milieu d’un récit passionnant, alimenté par de trop nombreux coups de téléphone et une putain de carte routière. Preuve à l’appui. Il tapota la poche avant de son jean, déformée par un morceau de carte qu’il avait pris soin de découper et par la rondeur de son téléphone mobile, lui qui ne prenait la peine d’ouvrir son portable qu’une fois tous les quinze ans. De toute façon, il n’avait même pas d’smartphone. Mais, il l’allumait plus souvent, son téléphone, depuis le départ de Hua. Il mettait la sonnerie au maximum. Il s’jetait dessus dès qu’il sonnait, seulement pour adresser la parole à des connards qui voulaient lui vendre des fenêtres ou d’autres conneries du genre. Il était malheureux, Aidan, et il aimait pas cette sensation qui lui donnait l’impression d’avoir un boulet accroché au pied. Il restait sur le même sentir battu. Il n’bougeait plus.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Lun 17 Avr - 1:08

faudrait qu'il se sente touché par la main de dieu. que la foudre lui tombe sur le coin de la gueule et traverse ses dents. faudrait qu'il agisse comme quelqu'un de profondément, bon, hua. si tant bien est qu'il l'est lui-même. il devrait lui tendre la main, ouvrir les bras et lui dire que forcément c'est pas si grave que ça. dans le fond, ça l'est vraiment ? il en est là. assez bateau pour se demander ce qu'il peut foutre dans ce cimetière. il rate une belle chose, il rate une expérience qu'il pourra pas revivre une seconde fois. pas forcément l'âme soeur, ni une dérouillée à la roméo et juliette. juste une ligne de conduite pas trop mal, un trait bien droit qui pourrait le mener vers une fierté dont il pourrait se vanter - faute d'avoir mieux et plus cocasse. aidan c'est la case départ, c'est l'avancée difficile vers la ligne d'arrivée. ça a une aura rassurante, ça entoure de ses bras, ça donne de sa chaleur, ça offre plus que de raison sans forcément demander en retour. c'est humble. c'est une tendresse propre. c'est un soleil pocket-size. il racle le fond de sa gorge, reste bien appuyé pour pas se casser la gueule et feindre le malaise - parce que là, ça bat trop vite, ça bat trop fort, ça fait ramdam infernal au pays des silencieux. ça le ferait presque rigoler si c'était pas aussi pesant, si c'était pas aussi lourd à supporter. ses épaules elles sont pas très larges, et s'il est plutôt allongé, hua, il vaut autant qu'un chat affamé jeté sous une douche. ça menace de craquer à chaque seconde, de percer ses organes et de faire une fontaine dégueulasse - qu'il galérera à laver. alors pour l'instant il fait tout comme une foutue plume qui se laisse porter. à pas savoir, masis à apprécier ce qui s'offre à lui. putain il arrive à se blaser tout seul. ça referme et ça coince son poing dans la manche de son pull. ça le pousse à reprendre une bouffée grise. il tapote du pied, une fois, deux fois.
il percute que ses chaussettes sont pas accordées.
une est bleue, l'autre est violette. il fait clown trop bien préparé pour son show en plein milieu du chapiteau. pourtant faut prendre une vision externe pour percevoir qui est le plus ridicule ; l'un vaut pas mieux que l'autre. il voudrait. il voudrait lui dire des tas de trucs. il voudrait lui confesser ses pires saloperies, lui promettre des montagnes, des galaxies entières parsemées de planètes. il voudrait. il peut pas. il laisse la fumée sortir de sa bouche. il lève les yeux. regarde. regarde attentivement avant de sentir le frisson reprendre ses droits au niveau de ses artères. ça coince.
- je m'fais chier parce que... allez, on va trouver une explication pas trop naze. parc'queeee la vie est en elle-même carrément chiante. donc bon, fatalement je m'fais chier. il a du mal hua. mal à dire les choses. mal à faire concrètement ce qu'on lui demande. à croire que dire une pauvre déclaration lui arracherait la langue avec une pince de dentiste. à croire que la jouer carte sur table ça lui ferait arrêter toute hypothétique existence. il baisse ses prunelles sur sa poches, puis sur le sol.
- aidan. il pince sa lèvre inférieure, arrache un peu de peau. j'sais pas si c'est une bonne idée. même s'il crèverait pour une étreinte, même s'il voudrait passer une nuit entière à l'écouter causer de ce qui lui chante - la voix d'aidan, ça prend possession jusqu'aux veines, ça tire dans les tympans et endort les peines.
- j'sais pas des tas d'choses t'sais. j'sais pas si les aliens existent, j'sais pas comment le nucléaire ça fonctionne, j'sais pas pourquoi les ménagères lisent cinquante nuances de frustrations à la fessée. mais ça, ça tu vois j'sais encore moins de moins... j'suis descendu au level de débilité pur et dur. pourtant un crétin ça le laisserait passer sans broncher, ça le laisserait passer sans y mettre de désaccord, sans y voir une quelconque attaque. je - inspiration profonde. souvenir. souvenir. coeur en charpie. j'veux. un temps. et j'veux pas. alors en attendant, le pas de la porte c'est la meilleure solution qui s'offre à lui, pas la plus difficile, pas la plus tendre non plus. zapper, zapper la douleur confuse qui triturait ses côtes, qui se balançait entre son torse et ses jambes. le visage d'aidan déformé par la fureur, la colère, l'horreur sourde.
- de quoi tu veux qu'on cause, de toute manière ? il est faible, hua. il y retombera. il le sait.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Lun 17 Avr - 16:17


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


Lorsque Hua tapa des pieds, une fois puis deux, Aidan baissa les yeux et remarqua ses chaussettes désaccordées. Et, aussi con que cela puisse paraître, ça lui bouffa l’cœur de voir ça, l’estomac encore en proie à un spasme inconditionnel de manque. Il se mordit l’intérieur de la joue afin de réprimer une remarque qui avait commencé à naître au coin de ses lèvres rosées, toujours étirées en un sourire compréhensif. Compréhensif, ouais, et très certainement faux. Il se sentait un peu bizarre, comme fourmillant de mille et une idées pour ramener Hua à lui, mais comme fataliste dans l’idée que rien n’était plus vraiment possible entre eux. Alors p’t’être que lui dire qu’il était atteint de psychose paranoïaque, p’t’être que le lui avouer à l’autre qui faisait barrage entre lui et l’appartement, justifierait quelques-uns de ses gestes qui n’étaient en rien pardonnables. Y avait aucune solution. Même les médicaments, qui étaient supposés réduire le trouble, ne parvenaient pas à tout effacer. La bouche maintenant baignant dans son propre sang, la peau de ses joues déchiquetée par ses dents qui allaient et venaient, Aidan serra les poings lorsque Hua le renvoya, well, de là où il était venu.

Il ne voulait pas.
Et c’était bien tout ce qu’Aidan était capable d’entendre ou de comprendre. C’était de sa faute à lui, c’était pas la sienne ; et maintenant ses grandes certitudes se consumaient, tandis que ses ongles s’enfonçaient toujours plus profondément dans ses paumes, formant des demi-lunes rougeâtres qui le feraient grimacer quelques secondes plus tard. En y réfléchissant bien, Aidan n’pouvait pas faire grand-chose et cette inactivité lui procura une certaine honte qui lui réchauffa les joues, et les rendit un tout p’tit peu plus colorées. C’était jamais marrant d’se prendre un mur, surtout lorsque celui-ci était dressé par celui qui s’était logé dans nos pensées sans pouvoir en ressortir. Alors, Aidan avait été pris au piège par sa propre naïveté finalement, à trop vouloir jouer de ses charmes, à trop vouloir espérer le retour d’une étincelle dans le regard de Hua. Il s’était fait prendre la main dans le sac, à raconter des conneries pour masquer son désir qui n’avait rien d’indécis.

Mais Aidan ne voulait pas perdre son calme, sa patience étant déjà trop triturée pour être vraiment réparable. Il n’y avait plus rien à dire, ou faire, et l’espace d’un instant tourner les talons, comme Hua avant lui, lui semblait être l’idée la plus judicieuse. Il commença d’ailleurs à s’agiter un peu, retirant puis enfonçant de nouveau ses mains dans ses poches, gesticulant un peu des jambes histoire de s’les dégourdir. Il était pas très à l’aise, Aidan, clairement.

– Effectivement, tu ne sais pas grand-chose. remarqua Aidan dont le sourire s’envola. Disparu, envolé, le visage de circonstance. En revanche, te barrer dans la nuit pendant que j’dors, ça, tu sais faire. T’es certainement passé pro dans ce domaine. Et il ne disait pas ça par méchanceté même si son ton retraçait une aigreur sourde, quelque chose qu’il n’était pas en mesure de contrôler ; comme les coups qui étaient tombés, les uns après les autres, sur la pauvre carcasse de Hua. Il pointait du doigt cette fuite silencieuse, cet abandon qui l’avait désespéré et après lequel il avait été incapable de se concentrer. D’se relever. Puis, il avait passé trop de temps à rechercher Hua pour se barrer aussitôt, après avoir claqué sa tête contre les briques d’un rejet venimeux. Alors, j’veux bien… j’veux bien admettre que j’ai pas toujours été très cool, ou très tendre. Façon d’parler, mais il n’savait pas comment évoquer sa violence. Il ne savait pas comment en parler, ou en reparler. C’était comme un code secret, c’était caché au fond de lui et il ne parvenait pas vraiment à discerner ce qui était bon de ce qui était mauvais. Mais honnêtement, tu croyais que j’allais rester les bras croisés, à m’en battre les couilles de ton départ ? j’ai pu m’accrocher à rien. Pas un mot, pas une adresse, pas une insulte – que dalle. Un soir, t’étais là, et puis le lendemain t’avais disparu et… et j’savais pas comment appréhender tout ça alors, buddy, puisque tu veux vraiment que j'te dise de quoi je veux causer, je t'offre ce sujet de convo sur un putain d'plateau.

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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Lun 17 Avr - 22:34

uppercut. allez c'est partie pour un tour, pour un détour et un retour grandissant, bondissant qui lui attrape la jugulaire. ça l'étouffe une seconde ou deux, ça lui fait ouvrir grand les yeux et ça l'empêche de bouger plus. même la cendre de sa cigarette vient tomber sur le sol, flinguer un peu le parquet tout neuf. c'est mérité. dans le fond c'est tellement bien foutu qu'il arrive à culpabiliser tout de suite, c'est tellement brutal et que ça lui arrache les deux poumons à la fois. c'était pas fait finement, c'était pas malin, et il aurait pas dû se dire qu'il allait permettre un tel affront. c'est aidan, et rien que son prénom se suffit à une explication concrète. il racle le fond de sa gorge, tire une autre latte. c'est un peu un minuteur qui le tire vers l'issue fatale qui lui fera refermer le gros bout de bois. il pourrait le défoncer s'il le voulait. il pourrait faire n'importe quoi s'il le voulait, aidan. et c'est sans doute ça qui a toujours eu le chic de les séparer. trop de différences. celui qui ose, celui qui se laisse porter. celui qui fait, celui qui attend. ça peut pas fonctionner, alors se battre ça servirait qu'à entendre la chair qui convulse, qu'à s'inquiéter du tintement délicat des os qui s'entrechoquent. pincement de lèvre inférieure à nouveau, le ton grimpe un peu, assez pour que ça le fasse se redresser subitement. inspiration, expiration. c'est pas le moment de flancher, de tendre la tête en attendant la lame qui coupera nettement la caboche trop vide pour se laisser aller tranquillement. ça continue de claquer à tout rompre, encore un peu et une veine finira par exploser, tout ravager sur son passage. il lui doit.
il lui doit au moins ça.
juste ça. au pire des cas. au pire des cas quoi ? il pourra toujours se jeter par la fenêtre, ou sortir un couteau, ou la jouer. ou. non, même lui il y croit pas, hua. il roule des yeux, les lève vers le plafond légèrement craquelé.
- ok.
couper les fils de la bombe avant qu'elle explose. et là, ça pourrait laisser des ruines rocambolesques. il en a conscience. il est assez con pour dire oui. assez intelligent pour pas passer pour un monstre. ou peut-être pas. ça fait des booms et des bangs, ça transperce son crâne de part en part. ouverture. il le laisse entrer, referme la porte dans un claquement nonchalant. retire. fumée qui sort du nez puis de la bouche, il écrase le mégot dans le cendrier en forme de main squelettique. il compte pas lui faire visiter, de toute façon c'est pas grand. c'est qu'un deux pièces sans prétentions. y'a des trucs qui s'entassent d'un côté, des cartons qui restent de l'autre. c'est brouillon.
c'est le merdier.
il se laisse poser sur le canapé mollement, cale ses jambes sous son corps. pas d'échappatoire. il a pas envie d'enlever le tas de poussière sous le tapis. il a pas envie de lui dire qu'il.
qu'il lui fait peur.
qu'il lui file les chocottes.
qu'il incarne deux trucs à la fois. qu'il est plus totalement humain - ou peut-être trop justement.
- j'te jure que si tu joues au con aidan, j'appelle les flics. mise en garde calme, voix accordée aux violons qui menacent de faire trembler ses cordes vocales. il fronce les sourcils. tu sais pourquoi j'suis partie. j'vais pas t'faire un dessin, j'ai pas envie et - p'tain. quelques doigts passent dans sa tignasse à nouveau, il étouffe subitement dans son tee-shirt quinze fois trop grand pour son allure d'aiguille.
- on sait tous les deux comment ça se s'rait terminé si j't'avais sortie une accusation longue comme mon foutu bras. mal, très mal. j'ai assez donné. hochement de tête, il laisse tomber sa tête en arrière, contre le dossier du canapé pas très grand. tu m'manques, ouais, bien sûr que tu m'manques gros con. mais j'suis pas prêt pour un second round.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Mar 18 Avr - 10:04


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


C’était pas si compliqué au final, de pénétrer dans l’enceinte de l’appartement de Hua. Un peu petit, certes, un peu en bordel aussi ; mais c’était rien d’grave, c’était pas un truc contre lequel Aidan était incapable d’aller. Et puis, il s’rendait compte que Hua avait tout simplement lâché prise, qu’il acceptait la discussion que lui réclamait – quant à savoir si son vis-à-vis désirait entretenir la même conversation que lui, ça restait à voir. Aidan était toutefois venu ici pour ça, comprendre et en parler. Il n’était p’t’être pas prêt à entendre Hua se qualifier lui-même d’homme battu, très certainement pas prêt à vrai dire, mais peut-être que ça lui permettrait de se prendre un peu de plomb dans sa caboche creuse. Il en avait pas l’air comme ça, Aidan, avec son petit sourire au coin des lèvres et sa prestance qui n’avait plus rien de paysanne, mais il aurait pu s’jeter aux pieds de Hua s’il le lui avait demandé. Il n’parvenait plus trop à savoir ce qui était bon de faire, de ce qui puait la merde. Y avait une zone d’ombre dans leur relation, une ombre grandissante qui les avait enveloppés l’un après l’autre ; une violence qui avait eu raison d’eux, en soi, mais qu’Aidan n’pouvait tout simplement pas abandonner. C’était en lui, ça faisait partie de lui tout ça et, hormis de pointer le canon d’un flingue contre sa tempe, il n’y avait aucune solution qui pouvait l’tirer d’affaire.

Tandis que Hua prit l’parti de poser son cul sur le canapé, Aidan resta au milieu de la pièce où il n’était, de toute évidence, par le bienvenu. Il n’fallait pas être un putain de scientifique pour parvenir à déchiffrer les codes que l’autre lâcher lui renvoyait, il était d’une nonchalance rare et la mention des flics indiqua à Aidan qu’il était sur la bonne voie. De réconciliation, il n’y en avait guère au bout du tunnel. Y avait rien de plus qu’une putain de désolation et des mots qui percuterait sa carapace comme des boulets de canon.
Mais ça lui faisait du bien, à l’autre connard d’Aidan, d’entendre le son de la voix de Hua, et le frottement du tissu contre sa peau. Ca lui faisait du bien d’imaginer son corps sous ses vêtements dans lesquels il nageait. Il était pas compliqué le bougre, il se satisfaisait d’un rien vraiment, il était même prêt à l’écouter parler jusqu’à ce que mort s’en suive. Alors Aidan croisa ses bras sur son torse, ses doigts s’agrippant à ses propres biceps afin de conserver une certaine contenance. C’était pas très propre, c’était pas très beau non plus – mais c’était ce qu’ils avaient vécu tous les deux, et même si c’était pas forcément chouette, il y avait eu des trucs biens. Mais n’était-ce pas normal d’éclipser les bons trucs au profit d’une violence latente, qui dormait derrière les prunelles d’Aidan, prête à se réveiller à la moindre contrariété ? Et c’était toujours la même rengaine, toujours le même refrain ; j’voulais pas faire ça, c’est la dernière fois, je te promets j’ai dérapé mais ça ne se reproduira plus. Des chansons, des balivernes, des grosses conneries hypocrites.

– T’auras pas besoin d’appeler les flics, j’compte pas t’agresser à coups de… cendrier. remarqua-t-il, acide, en posant ses yeux vers l’objet du délit qui comptait plus d’un mégot. C’truc aura ta peau anyway, pas moi. On a pas idée d’être asthmatique et de fumer comme un pompier. C’était bien un truc qu’il lui répétait souvent, c’était bien un truc qui l’agaçait. Ses doigts se contractèrent davantage autour de ses propres bras, ses phalanges blanchissant à vue d’œil sous la force qu’il y mettait. Ouais, j’sais pourquoi t’as filé. Mais faut que tu mettes des mots sur tout ça. Faut que tu dises pourquoi. Y m’faut des explications claires. Il savait déjà tout Aidan, il était l’autre dans cette relation ; il était la face cachée d’une merde sans nom. Mais il voulait l’entendre de sa part. La gêne n’avait aucune raison d’être car ils étaient les deux seuls protagonistes de cette situation qui les avait dépassés. Il n’comprenait pas trop où lui-même voulait en venir, mais il avait ce besoin viscéral d’entendre les raisons de cette cacophonie de la bouche de Hua. J’suis désolé, vraiment. qu’il dit un peu fébrilement. Combien de fois on l’avait entendu dire ça ? Combien de fois l’avait-il pensé ? Toujours, en réalité. C'est un peu con de dire ça maintenant, mais voilà. J'suis désolé.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Mar 18 Avr - 21:26

il a toujours le dessus sur tout, aidan. et hua, lui, à côté, il fait pas vraiment pute mais carrément soumis. il fait tout petit, ridicule, minuscule dans le tissu qui fait flotter ses membres marqués à l'encre. il fait poussière dans une dune, poisson microscopique dans une flaque d'eau, reste de poussière sur un coin de chaise. il se triture les doigts, il en vient à se ronger les ongles, à mordre la peau autour pour évacuer le stress qui subitement prend possession de ses membres. il refuse de trembler. il est juste là, bien planté, trop présent dans le temps et pas assez dans la lune à son goût. il fronce les sourcils. il se demande, hua, au fond, si aidan a été traumatisé étant plus petit pour faire ça. c'est con. ça vaut ce que ça vaut, ça se demande, ça se laisse voir en questions idiotes. parce qu'à bien y réfléchir, il sait pas grand-chose de ce qu'il était avant détroit, il capte les grandes lignes, percute la droiture et la justesse des évènements. le reste c'est que du flou, de la poudre aux yeux. il veut pas hurler au mensonge. seulement à sa propre inconscience et à son manque d'intérêt. il est. il a. le tournis, ça vient d'un coup, ça le pousse à reprendre un exercice bidon de respiration. pas paniquer. pas s'enjailler négativement. pas partir dans des délires incontrôlables. pas se faire des films. pas croire au pire. parce qu'aidan au départ, c'était quand même le meilleur.
c'était quand même.
tout un truc. c'était un microcosme qu'il gardait dans la poche de son jean, qu'il sortait pour se remonter le moral, qu'il admirait quand ça lui chantait, qu'il usait au point de lui donner une sale trogne sur la fin. aidan c'était. c'est. peut-être ? il secoue sa caboche, prend tout en compte. puis il le mate enfin pour de vrai, pour de bon. il saurait pas dire ce quia changé. si c'est sa mine de saint-bernard apeuré qui le rend plus touchant. si c'est son air renfrogné qui lui file un aura grisé. n'empêche qu'hua se lève et il se souvient à quel point il manque que cinq centimètres pour qu'il le dépasse vraiment. le bout de son index vient s'écrouler sur son épaule.
- là. un coup, soudain. puis sur le torse. là. ça devient de plus en plus plat, la main s'abat sur son ventre maintenant. et là aussi. la hanche par la suite. on oublie pas là. il descend, il chope la cuisse fermement. ici aussi. il sait pas ce qui lui prend. envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, qu'il pige, qu'il fasse sens dans son crâne troué par tous les côtés. qu'il. essaie de. et hua il veut plus se laisser toucher, il sait plus comment ça fait de se faire réchauffer.
victime de merde.
il le déteste pour ça. il le déteste de l'avoir rendu martyr. il le hait à en crever, à en laisser perler des larmes amères dans le coin de ses yeux trop sombres.
- TOUT. LA. ICI. LA. TOUT CA. LA. AIDAN. il lui cale ses deux paumes sur l'estomac, il pousse péniblement. il fait un pas en arrière, puis deux, puis trois, commence à faire des pas sans trop savoir vers quoi il se tourne. il s'accoude à la fenêtre ouverte pour empêcher le tabac d'infecter les tissus. y'a pas de FOUTUS. MOTS. et je l'dirais pas, non je l'dirais pas. tu peux aller profondément t'faire foutre si tu veux que j'le dise. je l'dirais pas. parce que j'suis pas comme ces gonzesses qui passent leur temps à piailler, qui osent pas. moi j'me suis cassé. moi j'ai essayé. ça se raidit. ses muscles deviennent de la pierre. je suis pas, une, PLEUREUSE. okay ?! je - heh puis merde. y'a rien à dire t'façon. sa langue claque un rire sec sur sa bouche malmenée. m'regarde pas, m'touche pas, y'a plus rien d'beau à voir. son regard s'attarde dehors. il fait moche. pour changer.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Mer 19 Avr - 0:29


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


Peut-être qu’il l’avait bien cherché, Aidan, à force de jouer au con. Peut-être que finalement il avait attendu le glorieux bâton pour se faire battre, qu’il voulait recevoir les coups qu’il avait lui-même administrés quelques mois plus tôt ; peut-être qu’il voulait goûter à ses propres erreurs, en avoir un aperçu, même court. Même surprenant. Même accidentel. Il voulait des mots, Aidan. Il n’voulait pas des actes. Il n’voulait pas être réduit à une chose sur qui les coups pouvaient pleuvoir en masse, il ne voulait pas être plus petit que l’homme qu’il était. Il se rendait compte au fond que même si Hua paraissait un tantinet plus faiblard que lui, c’était du pareil au même – personne ne voulait vraiment s’faire dominer d’une tête par l’autre. Ce fameux alter ego que l’on trouvait parfois au détour d’une putain de rue, pendant un crash de bagnoles ou une foutue crise d’asthme. C’était difficile à comprendre, c’était compliqué à assimiler, mais ces reliefs de violence lui collaient à la peau. Il s’rendait compte que c’était pas bien – même s’il se disait parfois que Hua méritait d’se faire taper sur la gueule –, autant qu’il était persuadé que rien n’pouvait l’empêcher de lui tordre le cou s’il le voulait. Quand il était épuisé, ou aveuglé par la rage, tout lui donnait raison.

Mais est-ce que cela le surprit réellement de voir Hua taper là où, jadis, Aidan l’avait malmené ? Il n’faisait pas mal, pas vraiment. Les coups qu’il portait étaient pourtant tous dardés d’un ressentiment qu’il parvenait à ressentir et ce, sans la moindre peine. Hua avait le droit d’être en colère, de se morfondre dans cet appartement merdique, autant qu’Aidan aurait voulu – quelque chose d’autre. Être plus normal de une, et p’t’être moins porté sur la castagne lorsque ça concernait son mec. Il aurait voulu un quotidien différent, une chance de se racheter tout en ayant conscience que c’était impossible – il recommencerait. Tous, ils recommencent toujours.

Planté comme le sale connard qu’il était en plein milieu de la pièce, Aidan essuyait les tapes que Hua lui portait. Il n’bougea qu’à peine lorsque ce dernier posa ses mains sur son estomac et voulut le pousser ; il esquissa un pas en arrière, voire deux, mais plus pour suivre la violence de la situation plutôt que par réelle force susceptible de le mouvoir. Des yeux, il suivit Hua jusqu’à la fenêtre, crachant son venin comme s’il s’agissait de sa dernière opportunité, ou de son dernier jour sur terre. Aidan ne bougeait toujours pas. Il avait un peu peur, finalement, d’esquisser un mouvement qui ne conviendrait pas aux sens alertes de son comparse hystérico-frappadingue. Enfin ; Hua avait raison, en un sens, il avait l’droit d’essayer de lui faire goûter à tous les coups qui l’avaient lui rendu misérable. Aidan ne pouvait pas le blâmer, pas vraiment.

Alors, sa gueule un peu bourrue se décomposa un peu lorsque Hua lui tourna résolument le dos, semblant être brusquement plus absorbé par la contemplation du ciel plutôt que par sa pauvre carcasse trop lourde, trop massive. Fébrilement, ses doigts glissèrent dans ses cheveux bruns. Son corps était couvert des traces laissées par Hua derrière lui ; c’était pas visible, c’était juste marqué au fer rouge.

– Mais je t’aime, moi. Il ne l’avait jamais dit ; avait seulement fait passer le message par certains gestes. Avait détruit ce fameux putain d’message avec ses conneries. Le dire ne le soulagea en rien, aucun poids ne disparut miraculeusement de sa poitrine, rien ne lui parut plus beau ou abordable. C’était comme avouer ses sentiments à une tombe close. Il restait debout, il osait pas l’approcher Hua, avec son air farouche et ses menaces. Et tu l’sais ça putain. Alors vas-y. Demande-moi de partir, et j’te jure que je te foutrai la paix. Je te promets que tu ne m’reverras plus. En deux enjambées, il se retrouva dans le dos de Hua. Il posa sa main sur son épaule brièvement, le força à lui faire face. Je suis le pire des connards de t’avoir fait subir ça, et j’le regrette mais. Mais je veux me racheter, j’ai changé et je peux changer davantage si tu le souhaites. J’peux faire tout ça si – si tu penses qu’on a encore une chance, parce que j’compte pas la laisser filer. Il n’y croyait pas. Il n’y croyait plus depuis un bon bout de temps, depuis le moment où il avait laissé tomber pour la première fois son poing dans les omoplates de Hua. Il n’y croyait jamais vraiment. Il était malade ; mais peut-être que c’était aussi dans son sang, ça palpitait dans ses veines, c’était comme ça qu’il était réellement. Et Hua – Hua était dangereusement proche, si proche qu’il pouvait sentir l’odeur de sa peau (you can’t do that) voir les contours de ses lèvres avec la distinction qui s’imposait (go away, go the fuck away before it’s too late) et se remémorer la chaleur de son corps (one day, you will kill him).

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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Jeu 20 Avr - 0:03

touche. touche. touche.
assomme. saigne. crève. tombe. tombe. tombe. tomber plus bas que terre, tomber aussi bas que le plus bas serait. tomber. tomber. sous les coups, sous les regards, sous ce regard. regard. qui se garde de toute animosité. ce regard qui dégueule des éclairs trop clairs. regard. regard. ce regard. précisément. ces paroles qui s'animent, qui s'abîment, qui se traînent à ses chaussettes comme de la poudre. prête à. prête à péter chaque seconde. ouvrir la porte c'était craquer l'allumette, ouvrir la porte c'était. c'était le feu. c'était regarder le feu lécher le plafond, grimper et laisser des cendres poisseuses se poser sur le sol, à peu de choses près il pourrait percevoir la fumée. la fumée qui vient se planter dans ses poumons. des aiguilles qui s'aiguillent et sanguinolent dans ses chairs. silence. silence trop long. silence qui défonce, qui arrache la gorge. silence qui fait son petit travail. les mots qui montent, les mots qui grimpent. des vers, vers infectes qui creusent dans ses muscles jusqu'aux os.
je t'aime.
je t'aime.
je t'haine.
ça le ravive d'un coup. hua c'est le monstre de frankenstein qui revient au monde quand on lui cale assez d'électricité dans les reins, ça passe, ça glisse, ça fait de l'eau de pluie qui sèche durement. y retourne dans sa coquille, hua. il se referme tellement vite que ça fait des fissures qui craquèlent ici, là. sa peau c'est que de la porcelaine de chine lancée dans l'air par un môme trop inconscient. il fronce les sourcils, ses propres bras se croisent sur son torse. touche pas. touche pas. touche pas. touche pas. c'est tout ce qu'il supplie maintenant. c'est tout ce qu'il demande. embras(s)e-moi.
- nan j'sais pas aidan, j'sais pas. t'as dit y'a pas deux s'condes que j'savais juste me barrer en pute une fois la nuit tombée. rire, rire qui vaut rien, rire carton, rire chiffon qui se tord et se taillade avec des ciseaux. il racle le fond de sa gorge. ça panique, ça raque dans ses dernières ressources apeurées. il est trop petit, trop petit pour cette forêt aux monstres qui lui fait face, pour les ombres qui prennent de trop grandes tailles quand la lune se lève trop haut dans le ciel.
- putain, t'as conscience de faire de ma chienne de vie un putain d'drama ? j'te jure. C'EST RIDICULE BORDEL. C'EST RIDICULE. ça lui donne mal au ventre, ça le pousse à se marrer nerveusement. il plaque à plat sa main sur sa bouche, il dévie son regard ailleurs, enfonce son dos contre la bordure - encore un peu et elle le brisera, le rendra légume. ça dure cinq secondes. y devient taré. il l'est autant que lui. vas-y, dis. dis. dis ton plan, j'vais pas t'mettre dehors comme un malpropre. j'suis pas comme ça. juste, me touche pas. ses doigts se crispent. il pourrait s'arracher la peau, s'enlever chaque couche pour lui montrer le reste : regarde, regarde ce que t'as fait, regarde tout ce que t'as fait.
- m'touche pas. j't'en supplie m'touche pas. la respiration fait un détour par la case désespoir. il voudrait se jeter contre son torse, le serrer à outrance, se fondre dans son corps. j't'écoute. c'est quoi ta came pour qu'tu fasses plus ça ? pour qu't'arrêtes ? c'est quoi l'bail pour qu'tu deviennes moins barré ? j'signe où ? dis, dis et m'fais pas poireauter comme un con. il a toujours pas enlevé sa paluche de ses lèvres. il a trop honte du rictus dépité qui se pointe.
- dis. silence. y'a plus qu'ça d'toute manière.
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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Jeu 20 Avr - 20:37


hua et aidan // there is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present, to drink these draining seconds but seldom do these words ring true, when I'm constantly failing you like walls that we just can't break through, until we disappear.


Y avait comme un truc louche, comme un tracas chimérique sorti d’on n’savait où pour tout faire flamber. Il voulait y croire, Aidan, à son discours qui pouvait lui faire pousser ses ailes et une putain d’auréole au-dessus de la tête ; mais il n’était pas dupe, il savait quand il mentait. Il mentait à Hua. Cette idée lui glaça les sangs, mais il ne pouvait pas s’en empêcher ; parce que ça fonctionnait en un sens, Hua craquait, il craquait toujours un peu plus. Il le voulait de retour, il désirait sentir de nouveau sa peau souvent froide contre la sienne. Il voulait c’retour à la normale parce qu’il lui manquait trop, et le manque surpassait, et de loin, la culpabilité et l’interdit.

Sous ses yeux, Hua dressait pourtant un mur qu’il voulait infranchissable. Mais les belles paroles, ô sacrées phrases d’amoureux transis des temps modernes, possédaient un pouvoir certain, susceptible de fissurer les surfaces les plus résistantes. Aidan ne faisait que parler – et, si Hua l’acceptait de nouveau, il se tiendrait bien pendant un certain temps. Mais il recommencerait. Il était malade, il avait des problèmes qu’il était incapable de régler et ce, même avec l’aide d’un lot de cachets et de conversations insipides avec son psy. Et puis, il n’voulait pas en parler avec Hua ; c’était trop honteux, c’était délirant. Et peut-être que ce n’était pas que ça finalement qui le faisait lever la main sur lui, peut-être que y avait autre chose, un truc spécial qui le rongeait et d’où était sorti ce p’tit tracas qu’il parvint tant bien que mal à supporter. Peut-être que c’était autre chose, et c’était putain d’effrayant.

Cependant, ce petit éclair de lucidité morbide ne traversa en rien son regard sombre. Ses lèvres étaient dardées d’un demi-sourire qui n’en était pas vraiment un ; c’était un étirement d’lèvres de circonstance, rassurant et empli de promesses sourdes. Il avait la tête de l’emploi, ce bon salaud, avec ses grands yeux bleutés et sa face de petit chien battu. Il n’y avait aucune honte à user de ce charme en particulier, de l’élever même au rang d’honneur ; si Hua pouvait lui revenir, il userait de tout pour le faire rester. Mais, aussitôt que cette pensée lui traversa l’esprit, un goût amer lui envahit la bouche et manqua de peu de le faire grimacer. Il n’se sentait plus trop bien, plus trop dans le confort ; c’était comme faire une erreur, c’était comme donner le bâton pour se faire battre. Alors que c’était pas lui, en soi, qui recevait les coups. C’était pas lui qui essayait de se protéger, qui courbait l’échine, qui ne se défendait jamais vraiment avec la vigueur qui s’imposait. C’était pas lui, ça.

– Mais tu t’es barré en pleine nuit. souffla Aidan en un murmure qui mourut à la barrière de ses lèvres entrouvertes. Il n’savait pas si Hua l’avait entendu, il ne l’avait finalement dit que pour lui, pour s’donner la contenance qui commençait à lui manquer. Hé, hé, te mets pas dans des états pareils… il voyait les jointures de ses doigts blanchirent, il voyait Hua manquer de s’arracher la peau. Mais il lui demanda de ne pas le toucher, alors que l’autre con s’apprêtait à esquisser un pas vers lui. Il se ravisa. Resta à sa place de malfrat.

– J’suis pas barré. grogna-t-il. Il l’était un peu. Ils l’étaient tous à leur façon. J’suis pas barré, je sais m’arrêter et j’ai changé. Je sais que j’ai changé, j’ai… pris rendez-vous avec un psy. Pas faux, pas trop mensonger, connard, continue. On a parlé de ma jalousie, de ce que je t’avais fait subir. mensonge. Il n’avait jamais évoqué le moindre abus, la moindre maltraitance. Il n’avait jamais vraiment évoqué Hua non plus. Je sais que deux mois, ça fait court et tu me croiras certainement pas mais ce mec m’a fait ouvrir les yeux sur certaines parties de ma vie. Et j’ai changé. J’ai changé parce que j’ai réfléchi, j’ai compris pourquoi je faisais ça et j’ai fait la paix avec beaucoup de zones d’ombre de mon passé. J'ai été aidé. Je vais mieux, et tout ira bien. Ses paumes étaient prêts de son estomac, directement tournées vers le plafond ; on lui aurait donné le bon Dieu sans confession. On l’aurait cru. On l’aurait aimé, peut-être, avec un peu de recul. Mais tout n’était que mensonge au fond, tout n’était qu’invention parce qu’il n’parvenait pas à dire qu’il avait un putain d’problème dans le ciboulot. Il ne parvenait qu’à mentir parce que c’était plus facile – pour lui.

Il aurait voulu tendre la main, et frôler la joue de Hua.
Mais il n’voulait pas être touché.
Alors il ne bougeait plus.
Il attendait.
Il attendait que la foudre lui tombe dessus parce que, putain, c’était bien tout ce qu’il méritait.

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MessageSujet: Re: i'm laughing, i'm crying, it feels like i'm dying / aidan   Jeu 27 Avr - 0:15

fais pas ceci. fais pas cela. fais pas.
fais pas tout court. fais pas la mijaurée. fais pas l'idiote qui chiale pour un oui ou pour un non. fais pas la drama queen qui claque la porte dans un élan purement outré. fais pas ta greluche qui se mouche contre son oreiller avec les yeux rougis jusqu'à la mort. fais pas ceci, fais pas cela. faut pas se mettre comme ça. faut pas s'énerver. faut pas stresser. faut pas avoir tout ça qui remonte, qui fait comme un élan de gerbe et qui menace de s'éclater sur le parquet, le dégueulasser. hua il pourrait se serrer contre lui-même, se briser les épaules, les omoplates, en faire de la cendre qu'il balancera dans l'air pour qu'elle s'y fonde. il pourrait.
c'était pas une bonne idée.
c'était pas une bonne putain de foutue idée. et il s'en rend compte que maintenant. même si ça tire, même si ça veut se jeter à son cou, même si ça veut revivre ce qu'est laissé derrière. ça fait coup de jus ampoule tombée dans la douche, ça. pourquoi.
et tout ira.
tout ira bien.
bien sûr, pourquoi ça irait pas. pourquoi ça irait pas. pourquoi. pas. pas. pas. irait. c'était la petite prière du matin, c'était l'instant avec un grand i qui se résumait à se bourrer le crâne de fausses idées, d'idéaux calqués au crayon et qui se sont trop rapidement effacés. hua il se calme, hua il se calme juste un peu pour pas virer dans une véritable crise qui passera ses poumons au karcher. il a pas de raisons de raconter des cracks, de sortir la carte du bonimenteur. de jouer. jouer. jouer. saigner. inspiration.
expiration.
inspiration.
expiration.
putain de locomotive. pincement de lèvre inférieure, il laisse ses bras ballants retomber le long de son corps. dégoûté. à mi-convaincu. y'a même un sourire plutôt franc qui se trace sur ses lèvres un peu gercées.
- pourquoi t'as tout fait foirer, putain d'bordel de merde. acerbe. il baisse la tête puis relâche le rebord de la fenêtre, il se rapproche. il a envie de lui en scotcher une bien puissante qui lui défoncerait la mâchoire. il se retient. de toute manière il a pas de force hua - ou celle d'un piaf qui crève de faim depuis une semaine. tu m'fais chier, tu m'fais tellement chier... j'aurais mieux fait d'te j'ter dès la première nuit. claquement sec du fond du gosier. il le pense même pas assez. les regrets ils sont versatiles, ils valent ce qu'ils valent et se modifient au fil des secondes.
- ouais bah ouais bah pff... soupir, il passe à nouveau une main angoissée dans sa propre tignasse, dévoile les tatouages sur sa gueule, sur sa nuque, son cou, bien mieux encore. explique comment ça marche. il ravale les larmes qui se permettent de grimper en flèche. il ravale tout, hua. c'est comme une gélule de médoc qu'il s'oblige à s'enfoncer dans le gosier. ça a du mal. ça fait son chemin quand même.
- là - là j'fais quoi aidan ? j'dis on fait la paix et on r'commence sur des bases pas trop nazes ? y'a pas de raisons. faudrait juste y croire un peu, poussière de fée qui fait cascade sur toute la surface de la peau. j'ai envie d'te croire. j'te crois. mais comment j'fais, moi ? égoïste. bien sûr qu'il pense qu'à sa gueule. allez quoi, c'est que des baignes, c'est pas si horrible que ça, ça se supporte. puis s'il jure.
il a juré.
il a putain de juré aidan.
- comment ça marche ?
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